Haïti – Catastrophes naturelles : De la nécessité d’une mise en place des stratégies nationales et locales pour la réduction des risques de catastrophe

Le Scientifique

Chaque année, Haïti fait face à des catastrophes naturelles qui entraînent souvent des pertes en vies humaines, des dégâts matériels, des perturbations sociales et économiques. Il est vrai que sa position géographique ne joue guère en sa faveur, mais toutes ces irrégularités arrivent bien sûr à cause de l’absence des stratégies nationales et locales qui auraient pu réduire les risques de désastres naturels.

En Haïti, depuis des décennies, à l’arrivée d’un ou des phénomène(s) d’origine climatique (cyclone(s), tempêtes, canicule…), les mesures préventives sont toujours signalées par les autorités concernées. Mais, le problème pour la plupart d’entre-elles, c’est de passer de la parole aux actes. Et ce, même quand le peu d’actions qui ont été posées, par absence de suivi en termes des résultats, sont invisibles jusqu’à date. Ce qui enfonce davantage le pays dans la pauvreté davantage. Donc, on est encore à un seuil critique.

Les stratégies ne sont autres qu’un ensemble d’actions qui doivent être effectuées tant au niveau local que national. En ce qui a trait aux dommages fréquemment causées par les cyclones, pour les diminuer, il importe d’entreprendre des travaux d’aménagement des bassins versants, de drainage et de curage de l’amont vers l’aval, en incluant le nettoyage des drains, des ravines, des égouts au niveau chaque commune ; en faisant des plantations d’arbres sur les berges de nos rivières ; en faisant une campagne de reboisement national pour protéger les sols contre l’érosion hydrique, éolienne, nous les humains… contre les vagues de chaleur, assurer l’infiltration des eaux dans les sols qui, du coup alimentera les sources d’eaux, les puits de réservoir…

Par ailleurs, il faut créer (ou appliquer) des lois environnementales interdisant la construction de maisons sur les côtes de nos ravines, rivières; des codes urbanistiques pour dire comment on doit construire, mais surtout où construire. En ce sens, il est impératif de mettre sur pied une campagne nationale ponctuée de 2 phases. La première, les responsables doivent procéder à la distribution des spots (audios, audiovisuels) dans les médias et sur les réseaux sociaux, laquelle doit passer par l’information préventive, l’éducation des populations et la culture du risque, la seconde serait posible que par la mobilisation dans les écoles, par la mobilisation d’associations, par l’organisation de manifestations (villages, forum au niveau des villes de province, des zones ruraux) autour de bonnes pratiques à adopter face aux risques climatiques (ouragans, inondations, mouvement de terrain, orages…), sismiques (séismes, tsunamis, éruptions volcaniques) .

Il est connu qu’Haïti fait partie des dix (10) pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles. Si l’on veut considérer une liste plus restreinte de cinq ou trois pays, Haïti en ferait sans doute partie. Ici, il suffit d’une goutte de pluie pour qu’il y ait morts, blessés et dégâts matériels. En ce qui concerne les cyclones, ouragans et tremblements. Cette situation ne date pas d’hier, mais elle s’aggrave de jour en jour. En plus, notre position géographique nous met très souvent sur la trajectoire des catastrophes naturelles. Les données disponibles durant le XXe siècle montrent que le pays a été touché par 34 tempêtes, coups de vent, bourrasques, tornades, orages, cyclones ou ouragans. Environ 80 % d’entre eux ont eu lieu après 1954 et 44 % de ceux-ci ont été enregistrés au cours des années 90. Parallèlement notre faible économie est souvent mise en lambeaux. En 2004 le cyclone avait détruit 7% de notre PIB, les quatre cyclones de 2008 : Fay, Gustav, Hanna et Ike affectés 15% de notre PIB, le séisme du 12 janvier 2010 détruisait 100% de notre PIB. Des pertes mirobolantes pour un pays pauvre qui peine à satisfaire les besoins primaires de sa population.

Avec le changement climatique, le passage des catastrophes naturelles est devenu plus fréquent. Les détails avancés, les données (climatiques, économiques) citées disent encore plus. Il n’est pas admissible que les phénomènes naturels, convertis en catastrophes à cause de notre laxisme et de notre inertie, continuent à semer autant de deuils et causer autant de dégâts matériels alors que les moyens de les éviter existent depuis belle lurette. Les risques environnementaux doivent prendre en compte dans les programmes de développement du terroir. Est-ce pourquoi nous recommandons auprès des autorités la mise en place des stratégies nationales et locales pour la réduction des risques de catastrophes naturelles en Haïti.

Certes, des travaux immenses méritent d’être faits pour parvenir au but. Mais qu’ils prennent du temps, car les réponses adéquates seront bénéfiques pour le pays tant sur le plan social et économique.

Auteur / autrice

  • Jimmy DÉLISCA

    Jimmy DÉLISCA Ingénieur agronome deliscajimmy74@yahoo.fr deliscaj87@gmail.com ______________________ LE SCIENTIFIQUE comme son nom l’indique est une revue de presse scientifique dont sa mission principale est de servir les communautés mondiales en quête de savoir et d’informations, c’est-à-dire du savoir scientifique et socioprofessionnel pour comprendre l’évolution de l’humanité, interpréter les phénomènes qui se développent dans leur environnement dans un esprit scientifique. En d’autres termes, la revue publie des articles scientifiques, professionnels et populaires selon les principes déontologiques, les normes méthodologiques APA. La revue LE SCIENTIFIQUE est diffusée au format électronique grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Elle s’adresse aux lecteurs et aux internautes du monde entier et propose deux articles au moins par semaine autour des questions scientifiques, professionnelles et populaires. La revue est publiée sur le web et également diffusable par email.

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