
En tant que première institution de formation doctorale accréditée en Haïti, l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH) fait de la science et des technologies sa valeur ajoutée en matière d’enseignement supérieur et d’études avancées. C’est dans cet objectif que Marc Arthur Stanley MONTAS a poursuivi ses études à l’école doctorale de l’ISTEAH au programme des sciences économiques (spécialité : analyse et évaluation de projets). Ainsi, suite à ses études de troisième cycle universitaire, il a soutenu sa thèse de doctorat en sciences économiques avec une rigueur et une profondeur remarquables. Sa thèse porte sur l’analyse des liens entre la transformation numérique et le rendement fiscal, en se concentrant sur la Direction Générale des Impôts d’Haïti. Dans ce travail, il a abordé les thèmes de la numérisation de l’administration publique, de l’intelligence artificielle appliquée au contrôle fiscal, de la fraude fiscale et de l’amélioration des recettes internes. Suite à la soutenance de sa thèse, l’ISTEAH lui a accordé le grade de docteur (Ph. D.) en sciences économiques. La soutenance a eu lieu ce vendredi 13 février 2026 à 13 heures (heure de l’Est) et a été suivie, via Zoom et en présentiel, par de nombreuses personnalités intéressées par la thématique de la recherche. À cet effet, le jury de soutenance était constitué de M. TOUSSAINT Pierre, Ph. D. (Président, ISTEAH), M. TCHANOU Armel Quentin, Ph. D. (Membre et Directeur de recherche, Université de Sherbrooke, Québec), M. GODBOUT Luc, Ph. D. (Membre et Codirecteur de recherche, Université de Sherbrooke, Québec), M. CADIEUX Jean, Ph. D. (Membre, Université de Sherbrooke, Québec), Mme LATULIPPE Lyne, Ph. D. (Membre, Université de Sherbrooke, Québec), M. ROY Paul-Martel, Ph. D. (Membre, Université du Québec à Montréal, UQAM) et Mme JEAN GILLES Sandra, Ph. D. (Représentante de la direction des affaires académiques, ISTEAH).
Biographie de Marc Arthur Stanley MONTAS
Marc Arthur Stanley Montas est né à Port-au-Prince, à l’hôpital Isaïe Jeanty-Léon Audain de Chancerelles. Ses parents, originaires de Mirebalais, avaient dû se rendre dans la capitale en raison du manque d’infrastructures hospitalières adéquates dans leur région.
Il a grandi à Mirebalais, où il a effectué ses études primaires au Collège Saint-Pierre, puis à l’École Adventiste Mixte Béthléem. Il a poursuivi ses études secondaires au Lycée de Mirebalais avant de retourner à Port-au-Prince pour entamer ses études universitaires.
À partir de 2006, il suit simultanément des études en sciences politiques à l’INAGHEI (UEH) et en comptabilité et gestion à l’Université de Port-au-Prince (UP), qu’il termine en 2010.
Après l’obtention de ses deux licences, il intègre en 2011 l’École Nationale d’Administration Financière (ENAF), où il décroche un Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées (DESS) en fiscalité. Comme tous les élèves de l’ENAF, il reçoit en 2013 une lettre de nomination et rejoint le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), au sein de la Direction de l’Inspection Fiscale.
En 2015, il est sélectionné par l’AUF pour une bourse de master en économie et management public à l’Université de Liège, en Belgique. En 2021, il devient lauréat du concours de l’Ambassade de France, ce qui lui permet d’intégrer la prestigieuse École Nationale d’Administration (ENA). Il y obtient un second master en administration publique, spécialisé en administration comparée.
Parallèlement à son parcours académique, Montas est Comptable Professionnel Agréé (CPA), membre de l’OCPAH, propriétaire d’un cabinet comptable, et professeur de fiscalité à la FDSE, à l’INAGHEI, ainsi que dans plusieurs autres universités haïtiennes.
En 2020, il débute son parcours doctoral à l’ISTEAH. Bénéficiaire de la bourse PFLA 2024, il rencontre les professeurs Luc Godbout et Armel Quentin Tchanou, tous deux de l’Université de Sherbrooke (UdeS), qui acceptent de codiriger sa thèse. Il soutient avec succès son doctorat le 13 février 2026 : le jury accepte le texte dans son intégralité, ne demande aucune correction et lui adresse ses félicitations.
Résumé de la thèse (doctorale) de Marc Arthur Stanley MONTAS
Cette thèse vise à faire un plaidoyer pour la transformation numérique de l’action publique fiscale haïtienne et aussi proposer des solutions d’améliorations du contrôle fiscal des personnes physiques avec des techniques de l’intelligence artificielle. Cette problématique très peu développée dans les recherches faites sur la fiscalité haïtienne, constitue un élément nouveau dans l’augmentation des recettes internes et une politique fiscale axée sur le rendement et l’efficacité de la Direction Générale des Impôts. La numérisation est le préalable de toute administration qui veut se développer et se transformer pour répondre aux exigences de l’économie moderne et aux nouvelles missions qui sont assignées au service public. Cependant, les pays en voie de développement peuvent développer des programmes de technologies numériques fondées sur l’apport d’une population jeune qui utilise au moins un téléphone intelligent bien que la fracture numérique y soit plus élevée que dans les pays développés (BM, 2021).
La revue de littérature a prouvé l’importance de la numérisation dans plusieurs services fiscaux du monde et de son éventuelle utilisation dans celui d’Haïti. Elle constitue un plaidoyer pour entamer des solutions durables de développement de la Direction Générale des Impôts. Des prérequis fondamentaux comme l’accès au service internet, à des formations et à des infrastructures technologiques sont importants. Ils faciliteront le déploiement du processus de numérisation et permettront l’utilisation des techniques de l’intelligence artificielle pour améliorer la structure de contrôle fiscale.
Pour une meilleure compréhension de notre objet de recherche, l’étude est appuyée par les théories de la nouvelle gestion publique développée par Huet et al., (2013), la capacité fiscale d’Okunogbe (2022) ainsi que par les théories de la taxation optimale selon Ory (2011) et la conformité fiscale de Slemrod (2019). Ces théories abordent l’intégration du système de gestion intégré et des outils d’intelligence artificielle dans les services fiscaux. Une dizaine de concepts fondamentaux pertinents ont également été analysés afin de mieux asseoir la compréhension de l’étude dans la littérature.
Ce travail à caractère qualitatif a été réalisé dans quatre directions des impôts et vingt personnes ont été interviewées pour la totalité de l’étude. Elles sont des parties prenantes divisées en trois groupes : agents publics, usagers et représentants de l’État, soit cinq personnes par direction des impôts. Il est complémenté par des exemplifications théoriques de modèles d’apprentissages automatiques d’amélioration du contrôle fiscal et de lutte contre l’économie souterraine, la fraude et l’évasion fiscale.
Les résultats de cette recherche montrent que les répondants veulent avoir une administration fiscale moderne, efficace, efficiente et proactive dans la réalisation de sa mission de collecte. Ils pensent que la numérisation est l’une des voies de cette transformation moyennant des préalables structurels et des investissements massifs en ressources numériques et le financement des incubateurs. Ils pensent que la numérisation amènera sur le long terme l’utilisation des techniques de l’intelligence artificielle comme l’apprentissage automatique, l’apprentissage profond ou le forage des données. Ils évoquent aussi un aspect perplexe sur la volonté des politistes et des dirigeants des services fiscaux, qui ne vont pas manifester un intérêt aussi facile dans une démarche visant à réduire leurs zones d’influences.
Notre recherche ambitionne de devenir une contribution importante dans le monde de la fiscalité haïtienne qui souffre de peu contributions scientifiques et doctrinales. Elle sera un document de référence pour la numérisation des services publics haïtiens et plus précisément pour ceux qui font face à des cas de fraudes massives de la part des usagers. Elle offre l’opportunité de caractériser les différentes étapes du processus de numérisation afin d’arriver à une amélioration des procédures de contrôle par les technologies de l’IA. Elle constitue une avancée importante et ouvre la voie à d’autres chercheurs qui souhaitent effectuer des recherches futures sur une utilisation probable d’autres outils dans les services fiscaux comme la robotique, l’internet des objets, la chaine de blocs, etc.
Les mots clés de la thèse :
- Recettes fiscales
- Action publique
- Numérisation
- Intelligence artificielle
- Fraude fiscale
- Apprentissage automatique.
Abstract
This dissertation aims to advocate for the digital transformation of Haiti’s public fiscal administration and to propose solutions for improving the tax audit of individuals with artificial intelligence techniques. This issue, which remains unexplored in existing research on Haitian taxation, introduces a novel perspective on increasing domestic revenue and implementing a tax policy focused on performance and efficiency within the General Directorate of Taxes (DGI).
Digitalization is a prerequisite for any administration seeking to evolve and adapt to the demands of the modern economy and the new missions assigned to public service. However, developing countries can design digital technology programs that leverage the potential of a young population, many of whom use at least one smartphone, despite a higher digital divide compared to developed nations (World Bank, 2021).
The literature review has demonstrated the importance of digitalization in several tax administrations around the world and its potential applicability to the Haitian context. It serves as a call to action for initiating sustainable development strategies for the DGI. Fundamental prerequisites such as access to internet services, training, and technological infrastructure are essential. These elements will facilitate the deployment of the digitalization process and enable the use of artificial intelligence techniques to enhance the structure and effectiveness of tax audits.
To better understand our research subject, the study is supported by the theories of New Public Management developed by Huet et al. (2013), the concept of fiscal capacity by Okunogbe (2022), as well as the theories of optimal taxation according to Ory (2011) and tax compliance by Slemrod (2019). These theories address the integration of integrated management systems and artificial intelligence tools within tax administrations. In addition, a set of ten relevant fundamental concepts has been analyzed to strengthen the understanding of the study within the existing literature.
This qualitative research was conducted across four tax directorates, with twenty individuals interviewed throughout the study. These stakeholders were divided into three groups: public officials, users, and state representatives, five individuals per tax directorate. The study is further complemented by theoretical exemplifications of machine learning models aimed at improving tax audit processes and combating the informal economy, tax fraud, and tax evasion.
The findings of this research reveal that respondents aspire to a modern, effective, efficient, and initiative-taking tax administration capable of fulfilling its revenue collection mission. They view digitalization as one of the key pathways to this transformation, provided that structural prerequisites are met and significant investments are made in digital resources and the financing of incubators. They also believe that digitalization will, in the long term, lead to the adoption of artificial intelligence techniques such as machine learning, deep learning, and data mining. However, they express a certain perplexity regarding the political will and commitment of policymakers and tax administration leaders, who may not readily support an approach that could reduce their spheres of influence.
Our research aims to make a significant contribution to the field of Haitian taxation, which suffers from few scientific and doctrinal insights. It is intended to serve as a reference document for the digitalization of Haitian public services, particularly those facing widespread fraud from users. The study offers an opportunity to characterize the various stages of the digitalization process to improve audit procedures through artificial intelligence technologies. It represents a major advancement and paves the way for future research on the potential use of other tools in tax administration, such as robotics, the Internet of Things, blockchain, and more.
The keywords :
- Tax revenue
- Public action
- Digitalization
- Artificial intelligence
- Tax fraud
- Machine learning.
Resumen
Esta tesis tiene como objetivo abogar por la transformación digital de la administración fiscal pública de Haití y proponer soluciones para mejorar la auditoría fiscal de las personas físicas mediante técnicas de inteligencia artificial. Esta problemática, aún poco explorada en la investigación existente sobre la fiscalidad haitiana, introduce una perspectiva novedosa sobre el aumento de los ingresos internos y la implementación de una política fiscal centrada en el rendimiento y la eficiencia dentro de la Dirección General de Impuestos (DGI).
La digitalización es un requisito previo para cualquier administración que busque evolucionar y adaptarse a las exigencias de la economía moderna y a las nuevas misiones asignadas al servicio público. Sin embargo, los países en desarrollo pueden diseñar programas tecnológicos digitales que aprovechen el potencial de una población joven, muchos de los cuales utilizan al menos un teléfono inteligente, a pesar de una brecha digital más elevada en comparación con los países desarrollados (Banco Mundial, 2021).
La revisión de la literatura ha demostrado la importancia de la digitalización en varias administraciones fiscales del mundo y su posible aplicabilidad al contexto haitiano. Representa un llamado a la acción para iniciar estrategias de desarrollo sostenible para la DGI. Requisitos fundamentales como el acceso a servicios de internet, la formación y la infraestructura tecnológica son esenciales. Estos elementos facilitarán el despliegue del proceso de digitalización y permitirán el uso de técnicas de inteligencia artificial para mejorar la estructura y la eficacia de las auditorías fiscales.
Para una mejor comprensión de nuestro objeto de investigación, el estudio se apoya en las teorías de la Nueva Gestión Pública desarrolladas por Huet et al. (2013), la capacidad fiscal de Okunogbe (2022), así como en las teorías de la imposición óptima según Ory (2011) y la conformidad fiscal de Slemrod (2019). Estas teorías abordan la integración del sistema de gestión integrado y de las herramientas de inteligencia artificial en los servicios fiscales. Asimismo, se han analizado una decena de conceptos
Esta investigación cualitativa se realizó en cuatro direcciones fiscales, con entrevistas a veinte personas a lo largo del estudio. Estos actores se dividieron en tres grupos: funcionarios públicos, usuarios y representantes del Estado, cinco personas por dirección fiscal. El estudio se complementa con ejemplificaciones teóricas de modelos de aprendizaje automático orientados a mejorar los procesos de auditoría fiscal y combatir la economía informal, el fraude y la evasión fiscal.
Los resultados de esta investigación revelan que los encuestados aspiran a una administración fiscal moderna, eficaz, eficiente y proactiva en el cumplimiento de su misión de recaudación. Consideran que la digitalización es una de las vías clave para esta transformación, siempre que se cumplan los requisitos estructurales y se realicen inversiones significativas en recursos digitales y en el financiamiento de incubadoras. También creen que la digitalización conducirá, a largo plazo, a la adopción de técnicas de inteligencia artificial como el aprendizaje automático, el aprendizaje profundo y la minería de datos. Sin embargo, expresan cierta perplejidad respecto a la voluntad política y al compromiso de los responsables de la administración fiscal, quienes podrían mostrarse reticentes a apoyar un enfoque que potencialmente reduzca sus zonas de influencia.
Nuestra investigación aspira a constituir una contribución significativa al campo de la fiscalidad haitiana, que sufre de pocos aportes científicos y doctrinales. Se pretende que sea un documento de referencia para la digitalización de los servicios públicos haitianos, especialmente aquellos que enfrentan fraudes masivos por parte de los usuarios. El estudio ofrece la oportunidad de caracterizar las distintas etapas del proceso de digitalización para mejorar los procedimientos de auditoría mediante tecnologías de inteligencia artificial. Representa un progreso importante y abre el camino a futuras investigaciones sobre el uso potencial de otras herramientas en los servicios fiscales, como la robótica, el Internet de las cosas, la cadena de bloques, entre otras.
Las palabras clave :
- Ingresos fiscales
- Acción pública
- Digitalización
- Inteligencia artificial
- Fraude fiscal
- Aprendizaje automático.


