Rencontre entre Le Scientifique et Times Higher Education (THE) : vers une intégration des universités haïtiennes dans les classements internationaux

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À la fin du mois de juillet 2026, l’équipe de Le Scientifique a tenu une rencontre de travail avec Times Higher Education (THE) afin d’échanger sur les enjeux liés à la visibilité et au classement des établissements d’enseignement supérieur haïtiens dans les grandes évaluations internationales. Cette rencontre s’inscrivait dans la continuité du travail réalisé par Le Scientifique à travers le Classement des universités d’Haïti, dont l’objectif est de rendre plus visibles les performances des établissements haïtiens et de créer une base nationale de données probantes pouvant, à terme, être renforcée par un alignement sur les standards internationaux. Le classement 2025 couvre 176 établissements légalement reconnus et s’appuie notamment sur trois grandes missions universitaires : l’enseignement, la recherche scientifique ainsi que la contribution sociale et au développement.

Le classement haïtien présenté à THE

Au cours de la rencontre, Le Scientifique a présenté son approche méthodologique ainsi que les résultats de son classement national. La méthodologie repose sur trois dimensions complémentaires : l’enseignement, la recherche scientifique et la contribution sociale et au développement, avec une pondération respective de 3, 4 et 2. La recherche scientifique constitue ainsi la dimension ayant le poids le plus important dans le score final.

Le modèle combine également plusieurs méthodes de collecte et d’analyse des données, notamment la webométrie, l’analyse rétrospective et l’observation systématique, afin de réduire la dépendance à une seule source d’information.

Les résultats de l’édition 2025 mettent notamment en évidence un groupe d’établissements qui se démarquent dans le contexte national. Les cinq premières positions sont occupées par l’Université d’État d’Haïti (UEH), l’Université Quisqueya (UNIQ), l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH), l’Université Notre-Dame d’Haïti (UND’H) et l’École Supérieure d’Infotronique d’Haïti (ESIH).

Un constat important : le chemin reste long

L’un des principaux enseignements de cette démarche est que l’intégration des universités haïtiennes dans les grands classements internationaux ne dépend pas uniquement de la volonté de les y voir figurer. Elle exige d’abord une amélioration substantielle de la qualité, de la disponibilité, de la vérifiabilité et de la traçabilité des données universitaires.

Les résultats du classement national révèlent notamment d’importantes disparités entre les établissements. La recherche scientifique apparaît comme la dimension la plus inégale : la majorité des institutions obtiennent un score inférieur à 40 dans cette dimension. Le score moyen global du classement est de 34,7, tandis que plus de 40 établissements se situent au score minimal standardisé de 15,99.

Ces résultats doivent donc être considérés non seulement comme un classement, mais surtout comme un outil de diagnostic du système universitaire haïtien.

La responsabilité des universités et de l’ANESRS

La rencontre a également permis de mettre en évidence l’ampleur du travail qui reste à accomplir du côté des établissements d’enseignement supérieur et des structures nationales chargées de leur encadrement.

Les universités haïtiennes doivent davantage documenter leurs activités, renforcer leur production scientifique, améliorer la visibilité de leurs chercheurs et de leurs publications, structurer leurs données institutionnelles et démontrer de manière vérifiable leur contribution à la société.

De son côté, l’Agence nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANESRS) a un rôle essentiel à jouer dans la structuration et l’amélioration de l’écosystème universitaire national. Delà, l’enjeu n’est pas simplement d’obtenir une présence dans un classement international, mais de faire en sorte que les établissements remplissent effectivement leurs missions fondamentales : former, produire des connaissances et contribuer au développement du pays.

Autrement dit, la question fondamentale n’est pas seulement : Pourquoi les universités haïtiennes ne sont-elles pas encore suffisamment présentes dans les classements internationaux ? Mais, elle est aussi : Que doivent-elles améliorer pour être en mesure d’y figurer de manière crédible et durable ?

Vers une convergence méthodologique avec THE

Le Scientifique considère que son classement national peut constituer une première base de dialogue et de travail avec Times Higher Education (THE). L’objectif n’est pas de remplacer les standards internationaux, mais de favoriser une convergence méthodologique progressive.

La démarche proposée repose notamment sur quatre étapes : mettre en correspondance les indicateurs nationaux avec les définitions et exigences de THE, renforcer la vérification des données et les pistes d’audit, tester la fiabilité et la comparabilité des indicateurs à travers une cohorte pilote, puis mettre en place des mécanismes annuels de collecte, de gouvernance et de publication des données.

Le Scientifique a ainsi proposé l’ouverture d’un dialogue technique permettant d’examiner les écarts entre le cadre national et les exigences de THE, avec la perspective de définir un projet pilote et une démarche de renforcement des capacités des institutions haïtiennes. L’objectif ultime serait d’aboutir à une feuille de route commune pour améliorer la qualité et la vérification des données universitaires et, éventuellement, faciliter la participation d’établissements haïtiens aux classements internationaux.

Un objectif à moyen et à long terme

À moyen et à long terme, Le Scientifique souhaite contribuer à la création des conditions permettant aux meilleures universités haïtiennes d’intégrer progressivement les classements internationaux, notamment celui de THE. Cependant, cette ambition doit être abordée avec réalisme. Il ne suffit pas qu’une université soit haïtienne pour qu’elle soit automatiquement classée. Car, elle doit disposer de résultats suffisamment solides et de données suffisamment fiables pour répondre aux exigences d’un classement international.

Le véritable objectif doit donc être double afin de préparer les universités haïtiennes à être évaluées selon des standards internationaux et les accompagner dans l’amélioration réelle de leurs performances.

Conclusion

Cette rencontre avec Times Higher Education (THE) constitue une étape importante dans la réflexion sur l’avenir de l’enseignement supérieur haïtien. Le Scientifique envoie le premier signal mais cette initiative peut être davantage renforcée avec l’ANESRS.

Cette rencontre confirme également la pertinence de disposer d’un classement national permettant de mesurer, année après année, les progrès et les faiblesses du système universitaire. Le classement de Le Scientifique se veut ainsi davantage qu’un palmarès dans la mesure où il constitue un instrument de transparence, de comparaison et d’amélioration continue.

Pour Le Scientifique, l’enjeu n’est pas simplement de voir apparaître quelques noms d’universités haïtiennes dans un classement international. Par conséquent, l’enjeu est de contribuer à la construction d’un système d’enseignement supérieur plus performant, plus transparent, davantage orienté vers la recherche et mieux connecté aux besoins du développement national.

En définitive, le chemin vers une reconnaissance internationale des universités haïtiennes sera long. Mais il doit commencer par une exigence fondamentale, là où nos universités remplissent pleinement leur mission.

Lire ou élécharger la présentation

https://drive.google.com/file/d/1c_15EghHJXu2Czz5r2b9bX0vkBc2bMHy/view?usp=drivesdk

https://lescientifique.org/wp-content/uploads/2026/08/wp-1786232209179.pdf

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  • Le Scientifique est une plateforme de recherche scientifique. Il héberge une dizaine de revues scientifiques qui publient des articles scientifiques originaux prenant les formes d’articles théoriques, d’articles empiriques et d’articles de synthèse. Créé à Milot (Haïti), le 10 novembre 2017, Le Scientifique promeut « la culture scientifique au service du développement durable et de la paix » et  démocratise « la science en Haiti » dans le but de servir la communauté scientifique et les désireux en quête de savoir et d’information scientifique pour comprendre et interpréter les phénomènes écosystémiques. Le Scientifique poursuit des objectifs apolitiques, est à but non lucratif et est publlié en libre accès (Open Access).

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